BILAN APRES TROIS ANNEES DE TRAVAUX

La chapelle a été mise en sécurité et a repris de l’allure. A peine plus de trois ans après la création de notre association, nous pouvons constater l’immense travail fourni  pour la restauration de notre chapelle, la charpente et la toiture changée, la porte d’entrée refaite à l’identique, les sept vitraux restaurés, les joints des murs grattés et sablés  et tout cela grâce à nos généreux donateurs et avec l’aide de nos dévoués bénévoles.

Nous avons maintenant d’autres projets : crépir la façade  avec un spécialiste ;  orner les plaques métalliques reliant les murs  du blason de la commune ; restaurer la table de communion ; acheter des bancs et chaises ; installer un panneau explicatif à proximité de l’édifice.

 

FABRICATION D'UNE PORTE GOTHIQUE

 

Présentation du projet :

 

L’association Notre Dame des anges de Chalain le comtal (42) a pour objectif de réhabiliter la chapelle du cimetière du village. L’association est présidée par Irène Renault qui a contactée la maison des compagnons de St Etienne afin de refaire la porte de la chapelle. Cette chapelle a été édifiée au début du XIIIe siècle. La porte, de style gothique en chêne, n’a pas pu être datée du fait de plusieurs incendies, elle a sans doute été restaurée ou même refaite depuis cette date. C’est donc une petite dizaine de jeunes menuisiers en formation qui se sont occupés du projet à l’aide de leur formateur Martin Chevret. Le temps estimé de la réalisation de cette porte est de 200 heures.

 

La fabrication a commencée avec un relevé de côtes afin de connaître hauteur, largeur, épaisseur, moulures, bref tout pour réaliser dormant et ouvrants à l’identique. Nous nous sommes ensuite partagés les différentes étapes de fabrication qui sont :

 

 

  • Dessin technique

     

  • Montants et traverses des ouvrants

     

  • Panneaux des ouvrants

     

  • Dormant

     

  • Battue et jet d’eau

     

  • Ferrures

     

    A partir de ce moment chacun a pu établir une feuille de débit et une analyse de fabrication afin de savoir exactement la démarche à suivre à l’atelier, en coordination avec les autres équipes et en combien de temps. Avec toutes les feuilles de débit nous avons pu faire un cubage et passer la commande de plateaux de chêne de différentes épaisseurs. La réception du bois a eu lieu le lendemain matin.

 

I.   Dessin technique

 

La réalisation du dessin technique est essentielle pour une bonne fabrication. Il donne toutes les informations nécessaires. Ici le plan sur règle nous montre les différents assemblages de la porte, le jeu entre les deux ventaux, l’épaisseur…Les gâcheurs des dessins technique devaient récupérer toutes les côtes prises les mettre au propre et réfléchir sur les futurs assemblages. Une élévation sur format A2 a également été réalisée. Cette étape a été faite en 20h

Pour comparaison, Nous pouvons observer l’ancienne conception ci-dessous.

 

II.  Montants et traverses des ouvrants

 

Deux menuisiers se sont chargés de mener à bien cette étape. Ils ont débités puis corroyés les bois en faisant bien attention au sens de pousse du bois et au rond pour les montants. Puis est venu le traçage. Retour au parc machine, ils ont mortaisé les montants puis tenonné les traverses.

Les coupes d’onglets ont été réalisées à la scie circulaire à l’aide d’un gabarit à 45° de la lame.

III. Panneaux des ouvrants.

 

Pour réaliser les panneaux nous avons dû diviser leurs largeurs en plusieurs morceaux de bois afin d’éviter qu’ils ne travaillent trop au cour du temps. Nous avons commencé par choisir notre bois, le débiter en évitant les défauts, le dégauchir et le raboter à épaisseur voulue. Suite à cela il a fallu les mettre cotes a cotes afin d’arriver à une la largeur de panneaux avec une surcote, inverser les cœurs et les marier de manière à homogénéifier les panneaux. Une fois cela fait, on établit les différents bois de manière à retrouver facilement notre positionnement. Puis nous avons réalisé les assemblages en créneaux sur champs pour ensuite pouvoir les coller.

Une fois collés nous les avons poncés puis délignés et tronçonnés aux cotes.

 

Pendant ce temps une personne s’est chargée de tracer les gabarits de moulures sur un contre-plaqué puis ensuite les découper aux tracés de manière à pouvoir les positionner sur les panneaux et s’en servir de butées pour le défonçage.

Après les avoir calibrés aux côtes on a créé une languette batarde, c’est-à-dire une feuillure sur les côtés afin de pouvoir l’assembler dans les rainures des traverses et montants de l’ouvrant. Nous nous sommes ensuite attelés au toupillage pour enlever le plus gros de la matière à l’aide du bouffe tout, du défonçage des différentes moulures, et des sculptures des parties qui ne pouvaient pas se faire à la défonceuse.

Nous avons poncés puis raclés l’ensemble pour pouvoir finalement assembler les panneaux aux traverses et montants avant collage. Les panneaux ont été réalisés en 70 heures.

IV. Dormant

 

Une personne s’est chargée de fabriquer les dormants, pour cela il a choisis ses bois, dégauchit, raboté, tracé, mortaisé les montants puis tenonné la traverse haute.

 

Suite à cela il a feuilluré et mouluré ses bois à l’aide de la toupie. Il a ensuite vissé les assemblages. Ils ont été réalisés en 8h.

 

V. Collage

 

Nous avons passé une demie heure à préparer le post de collage (dormants, calles, colles, pinceaux…) Et une demie heure pour coller l’ensemble.

VI. Battue et jet d’eau

 

Nous avons réalisé la battue haute à l’aide de la toupie équipé d’un outil à quart de rond avec plusieurs pointages. Pour fabriquer le jet d’eau nous avons dû fabriquer un fer monté ensuite sur la fente de l’arbre de manière à reproduire la forme d’époque.

 

La battue basse a été réalisée en une partie avec un moulurage arrêté, une partie haute dégrossie à la scie à ruban puis à la râpe ensuite au papier de verre.

La partie basse de cette battue a été contreprofilée de manière à reprendre la forme du jet d’eau afin d’étanchéifier cette partie. Nous avons récupéré le chapiteau d’époque restauré et collé. La partie haute a été collée avec des lamello et la partie basse avec une fausse languette.

VII.     Ferrures

 

Afin de respecter le style gothique de la porte, il nous a été demandé de garder les ferrures d’époque. Nous les avons donc démontées des anciennes portes, puis décapées. Après cela il a fallu les passer au chalumeau de manière à enlever les impuretés et l’humidité du métal pour ensuite les traitées à la cire d’abeille.

 

Une fois les ferrures prêtes, nous les avons fixées sur l’ouvrage. Le mécanisme de la serrure a été modifié car nous n’avions plus la clef et qu’une similaire a été récupérée chez un brocanteur. Cela a duré 8 heures.

VIII.    La pose

 

Nous sommes partis à quatre pour poser la porte le jeudi 03 avril 2014. On a d’abord installé l’électroportatif, les tréteaux et organisé le chantier. Ensuite nous avons déposé les deux ouvrants sur tréteaux, dégagé la feuillure qui accueille le dormant, enlevé les anciennes pâtes à scellement. Une fois cela fait, nous avons présenté le dormant, mis de niveau la traverse haute, d’aplomb les montants, et dégauchit les deux montants puis callé le tout. Suite à cela nous avons pris le perforateur et vissé des toprocks dans les montants de dormant. A la suite de cela, nous avons gondé les deux ouvrants, ajusté les jets d’eaux qui buttaient entre eux à l’ouverture. Nous avons terminé par fixer la buttée du haut sur le dormant. Nous avons mis 4h pour y parvenir.

Une fois la porte posée avec toute l’équipe de St Etienne.